L’Éternel attend…
Cherchant une parole à vous adresser ce matin, je me suis trouvé bloqué sur Ésaïe 30. 8 :
Et pourtant l’Éternel attend le moment de vous faire grâce
et il se lèvera pour vous manifester sa compassion,
car l’Éternel est un Dieu juste.
Heureux tous ceux qui se confient en lui !
Alors j’ai voulu faire attention au contexte et j’ai trouvé la situation suivante :
On est en Juda peut-être dans les années 720-710. Le royaume du Nord a été effacé de la carte par l’envahisseur assyrien qui reste dans la contrée et constitue une menace grave.
Aussi la grande urgence est-elle de trouver une protection sûre et pour cela il n’y a qu’une solution : l’Egypte, l’autre puissance régionale, s’allier avec l’Egypte pour tâcher de s’en sortir.
Le prophète Ésaïe avertit que ce n’est qu’un leurre, que cela ne servira à rien, mais conduira à une catastrophe encore pire. Pourquoi le peuple de Dieu n’a-t-il pas l’idée de se tourner vers son Dieu qui pourrait et même voudrait le garder et le délivrer ? Pourquoi n’est-ce pas un réflexe automatique ?
Et là, les réponses viennent, nettes,.. choquantes,.. cinglantes :
10… cessez de nous importuner avec le Saint, Dieu d’Israël !
On croirait entendre certains ténors de nos faiseurs d’opinion actuels, peut-être certains de nos voisins, collègues, membres de nos familles …
« Cessez… nous savons ce que nous avons à faire et le ferons sans qu’on nous casse les oreilles avec cette vieille Bible, avec ses idées d’un autre âge ».
Étonnez-vous que les versets suivants annoncent la suite logique des évènements, la catastrophe logique des solutions humaines qu’on a préférées au recours à Dieu !
Et l’histoire confirme que ces paroles étaient bien des révélations vraies (10) Le royaume de Juda a, lui aussi, été effacé de la carte par la suite. Le jugement annoncé n’a pas manqué de se produire.
Seulement le chapitre 30 d’Ésaïe où nous avons lu ces déclarations saisissantes ne s’arrête pas au v. 14, il ne se termine pas sur l’annonce du jugement. Quand Dieu exprime sa colère contre la rébellion, il n’est pas content, apaisé une fois que le jugement est accompli.
Il y a encore 17 versets de plus qui ne parlent que de miséricorde, repentance, restauration. C’est un long plaidoyer pour appeler à la repentance pour pouvoir faire grâce et recommencer une nouvelle relation.
Et c’est là que le v. 18 prend tout son poids : l’Éternel attend, il a hâte de voir un changement de mentalité, une écoute honnête de ce qu’il dit, de son appel à faire demi-tour… pour vous manifester sa compassion. Car l’Éternel est un Dieu juste.
Une idole peut s’acheter par une bonne action, une somme d’argent et elle passe l’éponge. Le Dieu juste et sain appelle péché ce qui est péché. Même quand on lui a trouvé 1000 justifications, même quand on a l’a légalisé par des lois, même quand il est devenu ringard de lui donner ce nom. Et il reste vrai que le salaire du péché, c’est la mort, une mort qui peut devenir la mort de toute une culture, quand elle s’obstine à savoir mieux que Dieu ce qui est acceptable.
Nous vivons une situation qui ne s’est pas vue depuis 1939. Il faut réellement qu’il y ait un sursaut spirituel dans notre pays. Et n’est-ce pas nous, les chrétiens, qui devons commencer dans cette mentalité ?
Dans sa 1ère allocution le Président a appelé, entre autres, à revenir à l’essentiel. A-t-il placé derrière ces mots le même sens que nous y trouvons ? C’est en tout cas la direction que notre pays devra prendre. C’est aussi dans cette direction que doit aller notre intercession pour toutes nos autorités. Et revenir, cela signifie commencer par un bout de chemin en sens inverse, la repentance. Par solidarité humilions-nous pour tout ce qui a blessé, déshonoré notre Dieu dans la marche de notre pays, dans les décisions de nos décideurs.
Nous ne sommes qu’une petite Église perdue dans un pli de la carte des Vosges. Mais nous sommes les enfants du Créateur tout-puissant de l’univers qui attend d’entendre et exaucer les prières de ses enfants.
L’avenir est entre ses mains, c’est lui le Maître des évènements.
Heureux tous ceux qui se confient en lui !
J-J Streng