Faire et défaire … une leçon de modestie

Ce devait être une belle journée d’hiver, froide et ensoleillée.
Après une concertation rapide nous décidons, Nicolas et moi-même, de déplacer une clôture, pour intégrer une parcelle de forte pente et de peu d’appétence au pâturage des vaches.
Déplantage des piquets et dépose du fil acier, puis mise en place d’une nouvelle clôture en contrebas. Un broyage mécanique approximatif et l’élimination de saules rampants et récalcitrants achèvent la remise en état du tout.
Puis nous prenons rendez-vous dans 6 mois, pour la prochaine estive…

Et en effet, bien plus tard, le troupeau de vaches est à pied d’œuvre, sur l’ensemble de la repousse, qui suit la première coupe ; la parcelle défrichée cet hiver se trouve dans le lot. L’herbe jeune et fraîche leur va bien, mais le fourrage grossier et à moitié sec, non merci ! Bien, il faut donc s’incliner et les faire tourner sur la suite du pâturage.

Dans l’entre deux et dans le périmètre une troupe de poulains ados et un mâle confirmé sont au bout de leur ressources alimentaires. Seule solution leur proposer le fameux paillasson dédaigné par les vaches. Mais du coup il est nécessaire de créer un parc délimité pour les contenir. On repasse le film à l’envers ; et avec Raymond nous réinstallons la clôture supprimée 6 mois auparavant !
Et là bingo ! Nos 3 fringants équins broutent consciencieusement l’herbage jauni.

Que m’inspire cette anecdote ? Et bien voici deux réflexions.
Pour chacun d’entre nous existe un droit à l’erreur. Tout en sachant que certaines peuvent coûter très cher….

L’important je crois – quel que soit le domaine – est de reconnaître avec simplicité nos fourvoiements. Faire part de nos victoires très bien, et nos défaites ?
Dire que dans telle situation je me suis honnêtement trompé gagnerait en crédibilité, notamment vis à vis des mal-croyants ….

En effet, nous ne voulons pas agir contre la vérité… Nous sommes contents de paraître faibles, pourvu que vous, vous soyez réellement forts  (2 Co 13, 8 et 9)

Les projets que nous formons (professionnels, familiaux, en Église) subiront des ajustements, des émondages avant d’aboutir dans leur forme définitive.
Pour notre part sur la ferme nous avons vécu quelques mutations de taille.
Perdre certaines illusions ou rêves, s’adapter et construire avec la réalité, nous n’y échapperons pas.
Mais avancer chaque jour avec humilité, reconnaissant notre dépendance du Père céleste qui nous aime, rend notre parcours moins conquérant et plus adouci.

C’est pourquoi sème ton grain dès le matin et jusqu’au soir n’arrête pas de travailler. Tu ne sais pas quelle partie de ton travail réussira ou si tu tireras profit de toute ton activité.  (Ecclésiaste 11. 6)

Texte proposé par Wilfred