Au 4e s, l’église chrétienne n’est plus persécutée, mais la menace des hérésies continue.
Athanase d’Alexandrie est le champion de la divinité du Christ et de la Trinité contre l’arianisme (ancêtre des Témoins de Jéhovah)
L’hérésie arienne
La principale hérésie est l’enseignement d’un prêtre d’Alexandrie, Arius à propos de la personne du Christ.
Pour Arius « Si le Père a engendré le Fils, alors celui qui a été engendré a eu un commencement d’existence, et il s’ensuit qu’il y a eu un temps où le Fils n’était pas ».
« Le Fils [donc] est une créature et une œuvre ; il n’est pas non plus semblable en essence au Père ; il n’est pas non plus le Verbe véritable et naturel du Père ; il n’est pas non plus sa vraie sagesse ; mais il est l’une des choses faites et créées et on l’appelle Verbe et Sagesse par un abus de langage…. C’est pourquoi il est par nature sujet au changement et à la variation, comme toutes les créatures rationnelles. »
Le combat d’Athanase contre Arius
Alexandre évêque d’Alexandrie et Athanase son diacre assistant, plus tard son successeur comme évêque, combattent Arius qui nie la divinité du Christ et la Trinité. « Le Christ n’est pas d’une substance semblable à celle de Dieu, disent-ils, mais de la même substance »
Pour Athanase, il ne s’agit pas d’une querelle théologique, c’est le salut qui est en jeu. « Seul celui qui était pleinement humain pouvait expier le péché humain ; seul celui qui était pleinement divin pouvait avoir le pouvoir de nous sauver. » La doctrine du salut du Nouveau Testament suppose la double nature divine et humaine du Christ. « Ceux qui soutiennent « Il y eut un temps où le Fils n’était pas » dérobent à Dieu sa Parole, comme des pillards ».
Comme toutes les idées à la mode l’hérésie arienne se répand avec succès.
L’empereur Constantin nouvellement converti était plus soucieux de l’unité de l’Eglise que de la vérité théologique. Il convoqua le 1e concile de Nicée le 3 mai 325. Ce concile élabora le Credo de Nicée – toujours actuel dans toutes les Eglises chrétiennes. Il condamna Arius comme hérétique et l’exila. L’hérésie arienne était vaincue. Pas si vite !
Les partisans d’Arius convainquent Constantin de libérer Arius de son exil. Et l’empereur ordonne à Athanase, le nouvel évêque, de rétablir l’hérétique dans sa communauté.
Athanase résiste. « Il ne peut y avoir de communion entre l’Église et celui qui nie la divinité du Christ. »
D’où de fausses accusations de meurtres, impôts illégaux, sorcellerie et trahison contre Athanase. Constantin l’exile à Trêves, en Allemagne actuelle.
A la mort de Constantin – qui avait reçu au dernier moment le baptême arien – Athanase retourne à Alexandrie. Mais l’hérésie arienne avait pris le dessus dans la partie orientale du bassin méditerranéen. Les dirigeants de l’Église étaient contre lui et il fut banni plusieurs fois avant de revenir chez lui en 366 à 70 ans.
Plusieurs faits sont importants pour l’Église d’aujourd’hui.
Athanase était préoccupé par les conséquences de l’hérésie arienne sur le salut.
Dans son écrit sur l’incarnation il souligne que « dans l’incarnation, Dieu le Verbe, Jésus-Christ, s’est fait humain pour renouveler ce qui était humain, pour sanctifier ce qui s’était corrompu en Adam ». Dans Contre les Ariens, il affirme que « Dieu seul initie et accomplit le salut », et il soutient « qu’il était nécessaire que notre Sauveur soit à la fois pleinement humain pour renouveler l’humanité et pleinement divin pour accomplir la réconciliation ».
Des chrétiens évangéliques supposent que les débats théologiques n’ont aucune incidence sur la foi personnelle.
Certains débats théologiques sont pourtant indispensables pour rétablir et assurer la vérité de l’Évangile.
Pensez à Luther défendant le salut par la foi et non par les œuvres devant les évêques catholiques à Worms. Allez un peu voir sur Internet les pseudo-prophètes actuels qui nient la Trinité et vous comprendrez qu’on puisse s’inquiéter. Nous avons subi de assauts téléphonique répétés d’un jeune de notre ancienne Église tombé dans ce panneau.
L’Évangile est défendu ou nié dans les doctrines que nous soutenons.
La communion chrétienne est d’abord fondée sur l’unité doctrinale, une unité appuyée sur la vérité, une vérité qui ne cède pas aux pressions de la mode ou à la crainte de déplaire.
Pour Athanase l’unité ne doit pas être recherchée en dehors ou au détriment de la vérité. Malgré les pressions subies, il refusa de faire des concessions et de réadmettre Arius dans sa communauté.
Si ceux avec qui nous sommes en communion s’écartent des principes fondamentaux de la foi, il s’agit ni plus ni moins d’une rupture de cette communion. C’est l’enseignement clair de l’Écriture : Galates 1:6-9.
Claudine Streng