la foi du philosophe

La foi du philosophe

« Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et pour toujours. »

Hébreux 13. 10

Tu viens à nous, oh Dieu, sous mille formes changeantes !

Tu es dans le rire de ce jeune enfant, dans l’éclair de son intelligence et la joie de son corps.

Dans la splendeur des frondaisons rousses et dans le jeu des couleurs et des rayons qui plongent aux profondeurs de cette eau limpide.

Tu es dans les pensées qui répondent aux pensées.

Dans l’allégresse des cœurs et des corps, et le rayonnement des génies et la charité des âmes saintes.

Dans tout effort des esprits vers la lumière et la beauté…

 

Mais que je sache, ô mon Dieu, t’accueillir encore quand tu viens à moi sous les traits de la souffrance et du renoncement, dans cette brûlure aussi que laisse le souvenir d’une action vile.

 

Qu’alors je ne te renie pas, que je ne te perde pas dans l’épreuve ou quand je vois autour de moi tant de misère, de honte et de tristesse.

 

Je me perdrais moi-même en te perdant.

 

Ce n’est pas la béatitude éternelle à quoi j’aspire. Je ne te demande ni une aumône ni une récompense.

 

Mais seulement ceci : que je sache aller à ta rencontre en tout temps, même quand tu viendras aux jours sombres et dans les grands vents de l’hiver…

 

Texte proposé par Sylvie D. extrait de :  Miéville Henri. Prières. Éditions Ouverture