Prix Nobel de la Paix 2018
Prix Nobel de la Paix 2018, le Dr Denis MUKWEGE a consacré des années d’acharnement, au nom de sa foi, à soigner les femmes victimes de viols et de crimes de guerre. Un grand homme menacé dans son pays, la RDC.
Ce prix vient récompenser des années d’efforts intenses de ce gynécologue de 67 ans pour soigner, restaurer physiquement et spirituellement es femmes, victmes des pires agressions à des fins d’exploitation sexuelle.
Une homme à abattre
Son ami, Philippe Decourroux, le décrit comme un homme particulièrement épuisé, faisant l’objet de menaces et de chantages insoutenables de la part des autorités. Un homme protégé par l’ONU, en butte aux attaques des gouvernement congolais ( = de son pays) et ruandais (pays voisin), ainsi que des multinationales impliquées sur place dans l’extraction des minerais indispensables pour la fabrication des téléphones et ordinateurs portables.
Un homme à abattre, un empêcheur de piller sans souci, qui a survécu à de multiples tentatives d’assassinat. Si Dieu n’était pas avec lui, estime Ph. Decourrous, il aurait déjà disparu…
Humilité et don de soi
Ce qui frappe chez cet homme, poursuit-il, c’est son immense humilité, le don de soi pour toujours relever l’autre et le mettre plus haut que lui-même.
Le secrétaire général du DEFAP, service protestant de mission, l’a rencontré : il ne regarde personne de haut. Il est d’une simplicité étonnante. Il donne l’impression à chaque malade qu’il reçoit, que son interlocuteur est le centre du monde.
Des pressions diaboliques
Le docteur lui a évoqué les pressions diaboliques qu’il subit du pouvoir en place : d’abord on vous affame, puis il vous suffit d’un mot pour posséder le monde ! Soit vous dites ce qu’il faut et vous obtenez un poste de sénateur, un salaire à vie et l’immunité parlementaire, soit on vous fait la peau. Le secrétaire du DEFAP ajoute : « Le système (politique) est trop pourri, il ne faut surtout pas que le docteur mette les pieds là-dedans (comme on l’y incite), il ne doit pas céder à ces sirènes-là.
Mais des convictions faites de foi et d’espérance
Le gynécologue, fils de pasteur pentecôtiste, est aujourd’hui proche d’André Bokundoa, le président de l’Eglise du Christ au Congo, l’organe central du monde protestant de la RDC.
Bokundoa, qui a fortement pris ses distances avec J. Kabila, le président de RDC, a écrit au docteur : Vos convictions et les valeurs dont elles s‘inspirent, reposent sur notre héritage de foi et d’espérance… Votre engagement et votre vision devront désormais inspirer les jeunes générations sur la voie de l’intelligence, de l’abnégation et du courage dans la défense de la dignité des plus fragiles.
Un exemple qui ne manque pas de rayonner et de lui donner une carrure internationale, mais ne lui fait jamais mettre sa foi de côté dans ses interventions publiques
Condensé d’un article de l’hebdomadaire protestant Réforme du 11octobre 2018, proposé par J. Jacques Streng