Décoller du terre à terre, m’élever au-dessus des circonstances, regarder plus loin que mon horizon habituel ?
Ce n’est pas pour moi un exercice facile, naturel.
Je suis plutôt du genre « la tête dans le guidon », à avancer droit devant moi dans la routine du quotidien, en visant le but à atteindre, quitte à supporter longtemps les tensions désagréables et la fatigue inévitable. Jusqu’au moment où c’est trop, où le besoin devient impératif de faire le point, la pause.
Alors voilà quelques moyens que j’aime mettre en œuvre pour « prendre de la hauteur » :
écouter des chants de louange, marcher seule dans la nature, échanger avec une amie proche, feuilleter les albums photos pour y revoir tout le chemin parcouru et comment Dieu nous a témoigné de sa fidélité, écrire dans un joli carnet les trésors trouvés au fil de ma méditation de la Parole, y recopier un cantique particulièrement bien écrit et inspiré, participer à une retraite, à une marche méditative… et relire de temps en temps les notes que j’ai prises à ces occasions.
La Parole de Dieu, le bon passage lu au bon moment, m’invitent souvent à regarder plus loin et plus haut que là où j’en suis.
Et alors, quelle sensation agréable de survoler ma vie avec davantage de légèreté, avec une assurance renouvelée.
Comme ce verset du calendrier que j’ai lu hier et qui dit : Pensez aux choses qui sont en haut… votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. Colossiens 3, 2-3 et la méditation entendue le même matin : Vous êtes assis avec Christ dans les lieux célestes.
Qui pourrait prétendre s’élever plus haut qu’à cette altitude céleste et tenir une pareille position !
A propos de la lecture du Psaume 90.
Le début de ce psaume m’a littéralement projetée dans la chambre de ma maman, qui s’éteint, lentement mais sûrement, atteinte de la maladie d’Alzheimer. Petit corps recroquevillé dans son lit, sans plus de réaction à notre présence.
La vie passe si vite et nous volons vers la mort ! v10
Je pourrais être saisie d’effroi devant la déchéance d’un corps, la fin prochaine d’une vie. Je ressemble beaucoup physiquement à ma maman alors, en la regardant je me vois, comme dans un miroir, dans 25 ans !
Vous comprenez maintenant pourquoi ce psaume résonne en moi magnifiquement ?
Certes, Moïse dépeint le cycle de la vie humaine dans toute sa réalité,
les générations qui passent, le déclin, la mort qui frappe…
Mais je peux m’élever au-dessus de cette inévitable réalité parce qu’il nous invite à cette grande sagesse de bien mesurer nos jours, d’envisager la vie et la fin de vie en étant l’ami(e) de Dieu et d’avancer en toute sécurité, sachant que Lui seul peut donner du sens et de la durabilité à notre activité.
Et parce qu’Il me propose son amitié, la prière devient mon meilleur mode de communication avec Lui.
Dans ces moments d’intimité et d’échange, je fais des allers-retours entre le passé, le présent et l’inconnu de l’avenir. Je me souviens de Ses promesses, de Ses interventions, et j’ai cette assurance que chacune de mes prières trouve le chemin de Son cœur.
Texte proposé par Nadine K.